La Tunisie en 20 mots-clés
Aumône
En Tunisie, la solidarité et l’esprit de communauté y étant primordiaux, on ne verra dans les rues que ponctuellement des personnes très âgées sans famille et généralement infirmes. Pour ces personnes, il existe une aumône légale, la zakat qui, versée spontanément par chacun lors du ramadan, permet de subvenir aux besoins des miséreux.
Bédouin
Le terme vient du mot arabe badawi, qui signifie « nomade ». Traditionnellement, les Bédouins sont organisés en groupe, vivant dans un douar, village de tentes gouverné par un chef, le cheikh. Le Bédouin s’occupe de son troupeau ovin et de ses chameaux. En Tunisie, il n’y a plus guère de Bédouins nomades. Ils sont à peu près tous sédentarisés et vivent dans des habitations en dur.
Berbère
Les habitants du Maghreb ont reçu des appellations diverses selon les époques. Les Egyptiens anciens les nomment des Libou (rebaptisés Libyens par les Grecs), les Romains les appellent Africains puis Maures à la fin de l’Antiquité. Le terme « berbère » finira par s’imposer avec Ibn Khaldun (Histoire des Berbères), au point que les Européens finiront par appeler le Maghreb, Berbérie, et ses habitants, les Barbaresques. Même si on l’a longtemps associé, par déformation, à barbare, « berbère » veut dire « homme libre », « noble ».
Caravane
Ce terme est dérivé d’un mot arabe, lui-même d’origine perse, qayrawan, qui désigne « campement militaire ». On notera que de ce mot vient également le nom du haut lieu saint de Tunisie, Kairouan, qui fut une des plus grandes villes de passage du monde musulman.
Chicha
Ce que les hommes fument doucement dans le narguilé, ce sont des feuilles bouillies d’une plante appelée tombac ou « tabac à la pomme ».
A Tunis, les bars où l’on fume de la chicha sont signalés par une enseigne lumineuse figurant un narguilé, mais on en trouve vraiment partout, dans les grandes villes comme dans les villages les plus reculés.
Croix du désert ou croix du sud
C’est un bijou traditionnel qui caractérise une tribu du désert, un clan, une ville. La croix du Sud ou Iferwan était exclusivement portée par les hommes et se transmettait de père en fils à la puberté en évoquant l’éternelle phrase : « Mon fils, je te donne les quatre directions du monde, car on ne sait pas où tu iras mourir. » Une bien belle allusion au nomadisme traditionnel. Chaque croix fait figurer ses emblèmes et symboles : la fertilité, l’eau, les montagnes, etc. Vous demanderez au commerçant d’en décrypter les inscriptions avant de l’acquérir. Elles sont en général en argent brossé et leurs prix varient selon leur taille. Les femmes les utilisent comme ornement.
de 350 kg sans sour-ciller et vit environ 40 ans.
Fondouk
Ancienne auberge (hôtel d’autrefois ou encore caravansérail) où les voyageurs venaient autrefois faire étape ; les hommes dormaient à l’étage pendant que les bêtes se reposaient en bas. Dans certains fondouks reconvertis en hôtels modernes à Djerba par exemple, on peut encore observer les anneaux permettant d’attacher chevaux ou dromadaires.
Gazelles
Ce surnom affectueux donné par les Africains en général à toutes les filles, et pas uniquement aux touristes ni à celles qui sont jolies, n’a rien de péjoratif. Les hommes, eux, sont des « gazou ». Quant à l’animal, la gazelle du Sahara, il a subi une perte de 80 % de ses effectifs en dix ans, en raison d’une chasse non contrôlée. La création d’aires protégées comme dans le parc de Zembra au large du golfe de Hammamet a permis la réintroduction de certaines espèces.
Ghorfa
Elément de base d’un ksar (voir plus bas), une ghorfa est une sorte de grenier servant à stocker des denrées : des céréales dans la partie basse, des olives et des fromages dans la partie haute. A 47 kilomètres au sud-est de Tataouine, Ksar Ouled Soltane détient un record avec 400 ghorfas.
Hammam
Composant typique et très important de l’édifice du monde islamique, le hammam est destiné à la purification du croyant et à son hygiène corporelle. Mais ce lieu a également, et surtout, une fonction sociale. On s’y rend pour se laver, bien sûr, mais aussi pour se rencontrer et échanger les dernières nouvelles. Sa situation, souvent à proximité des mosquées, rappelle sa fonction première de lieu de purification, indispensable avant la prière collective. Cependant le hammam est aussi une sorte d’institut de beauté où l’on se frictionne à la kassa, gant en poil de chèvre, où l’on s’enduit de tfall, mélange de savon argileux et de plantes aromatiques, où l’on se fait masser par les tayab parfois à l’huile d’olive, où l’on se teint les cheveux ou la barbe au henné. Ces établissements sont généralement réservés aux hommes le matin et aux femmes l’après-midi, mais les horaires peuvent changer d’une ville à l’autre. Renseignez-vous avant ; cherchez bien, il y en a partout. Les enseignes n’étant pas faciles à lire, il vaut mieux demander aux locaux.
Inch Allah
« Si Dieu le veut ». Cette expression ponctue souvent les phrases. Il n’est pas rare qu’après avoir dit « à tout à l’heure », on vous réponde « inch Allah ! ». c’est une belle leçon de vie, rien n’est jamais sûr, on s’en remet à Allah.
Jasmin
Le jasmin blanc (Jasminum officinale) a été ramené du Proche-Orient par les Arabes au XVIe siècle. Vous croiserez certainement un vendeur habillé d’une chéchia, chemise blanche, gilet brodé, pantalon bouffant et babouches, avec un bouquet coincé entre le haut de l’oreille et la tête. Le bouquet de fleurs enfilées sur une tige de roseau puis noué d’un fil est en forme de cône. Vous constaterez rapidement que ce n’est pas un produit pour touristes : tout un chacun, homme, femme ou enfant, en porte à toute heure de la journée. La fleur est arborée sur l’oreille ou encore tenue par la tige entre les lèvres, et quel parfum ! Dans le nom « jasmin », on retrouve les mots arabes yas (désespoir) et min (mensonge). On dit que le parfum du jasmin blanc l’emportant sur celui de toutes les autres fleurs est celui que les maris adultères offraient à leur maîtresse. En Tunisie, offrir du jasmin blanc signifie : « je te choisis ». En revanche, offrir du jasmin d’hiver (sans odeur) est preuve d’insolence.
Marabout
Lieu sacré qui est en fait le mausolée d’un sage qui enseignait et connaissait très bien le Coran. Il était aussi parfois guérisseur et opérait des miracles. Il est très fréquent de voir ces petites maisons blanches dans la montagne, la nature et les villes. Appelé également « zaouïa ».
Marchandage
Il fait partie du folklore, principalement dans les lieux touristiques où les marchands vous proposent des produits à des prix exorbitants et vous déclarent avec un grand sourire : « Pour toi, c’est moins cher ! » A vous de décider si l’objet mérite le marchandage… Attention, dans des endroits moins touristiques et dans les marchés populaires, il n’y a pas vraiment de marchandage : si l’on vous demande 4 DT pour un chapeau, des lunettes solaires ou une écharpe, n’allez pas chipoter pour un ou deux dinars, c’est généralement un prix fixe et l’on ne comprendra pas que vous essayiez de le baisser.
Medersa
Etablissement d’enseignement supérieur, sorte d’université religieuse musulmane où logeaient les étudiants. On y enseignait la théologie, l’histoire ou les sciences. L’architecture de la medersa répond toujours aux mêmes critères : grande cour rectangulaire à ciel ouvert, large bassin à ablutions et déambulatoire, salle de prière. Les murs sont ornés de mosaïques. Au premier étage se trouvent les chambres cellules. Le toit est généralement recouvert de tuiles vertes. La plupart sont situées près des mosquées. On peut visiter de très belles medersas à Tunis.
Médina
« Ville », en arabe. Le mot désigne maintenant la vieille ville entourée de remparts et dont l’architecture dépend de la Grande Mosquée, par opposition aux quartiers de construction plus récente. Les souks s’organisent donc à partir de la mosquée, les métiers les plus nobles d’abord (parfumeurs, libraires, etc.) puis, à mesure qu’on s’éloigne du lieu de prière, les métiers plus bruyants ou polluants.
Muezzin
Attaché à une mosquée, ce fonctionnaire religieux musulman appelle du haut du minaret, cinq fois par jour, les fidèles à la prière. On est toujours un peu surpris d’entendre son chant résonner dans toute la ville par haut-parleurs interposés, sans bien pouvoir localiser d’où vient l’appel qui ne manque pas d’interpeller par ses effluves de sacré ; d’autant qu’il y a souvent plusieurs mosquées dans un même quartier (surtout dans la médina) et les chants des différents muezzins se superposent donc de manière assez surréaliste. Le premier chant est au lever du soleil, les heures varient donc selon le trajet de l’astre royal.
Olives
Olive, en arabe zitoune. Vous verrez très souvent ce nom en Tunisie : Restaurant Zitoune, Le Zitoune, Zitouna… La culture des oliviers remonte à l’époque phénicienne et fut développée par les Romains qui en organisèrent le commerce. La Tunisie est le pays de l’olive par excellence. Les paysages tunisiens sont jalonnés d’oliviers, en particulier entre Sousse et Monastir, dans la région de Sfax. Les plus grandes concentrations se trouvent dans ces régions. A ce jour, la Tunisie possède 57 millions de pieds d’oliviers. Elle est le deuxième exportateur d’huile d’olive au monde après l’Espagne, ce qui représente la moitié des exportations agricoles du pays. Certains se lancent aujourd’hui dans la culture biologique de l’olive.
Souk
A ne pas confondre avec la médina qui est la vieille ville, le souk désigne uniquement le marché qui s’y trouve ; on peut trouver des souks en dehors de la médina (demandez, dans ce cas, la place du marché) ainsi que des médinas sans souk.
Zaouïa
Bâtiment qui abrite le tombeau d’un mara-bout. Se trouve généralement non loin d’une mosquée ou d’une medersa (voir marabout).
Adresses Utiles
Office national du tourisme tunisien. 32, avenue de l’Opéra 75002 Paris Tél. : 01.47.42.72.67 (...)



